Une nouvelle étude peut aider à accroître une source de main-duvre cruciale : les travailleurs mobiles de la construction
le 1er novembre 2005
OTTAWA Les coûts financiers et sociaux associés au fait de travailler loin de chez soi entravent laccès à une importante source de main-duvre de lindustrie canadienne de la construction, selon un nouveau rapport publié par le Conseil sectoriel de la construction (CSC).
« Les travailleurs mobiles sont généralement mécontents », dit Bob Blakely, coprésident syndical du CSC et directeur des affaires canadiennes du Département des métiers de la construction, FAT-COI, « et cela peut nuire à lindustrie de la construction, et particulièrement à son secteur de la construction industrielle ».
Le travailleur mobile : Une étude sur la mobilité de la main-d'oeuvre dans le secteur de la construction industrielle du Canada jette de la lumière sur les raisons pour lesquelles il est de plus en plus difficile dattirer des travailleurs qui sont disposés à suivre le travail dune région à lautre.
« Puisque lindustrie de la construction cherche des moyens de répondre à la demande de main-duvre associée à de grands projets réalisés dans des lieux isolés », dit M. Blakely, « les résultats de cette recherche présentent en temps opportun de précieuses informations pouvant aider à maintenir et à accroître la source de main-duvre cruciale que sont les travailleurs mobiles ».
Brad Anderson, de lassociation des donneurs douvrage de construction de lAlberta, déclare que « létude est dautant plus importante à la lumière des prévisions pour lindustrie de la construction établies par le CSC plus tôt cette année, selon lesquelles les marchés serrés de bien des provinces dans certains métiers obligeront les employeurs et les entrepreneurs à recruter à lextérieur du marché local ». Lassociation a joué un rôle important dans le développement des prévisions pour lAlberta.
Selon létude, le travailleur mobile typique « est marié, a au moins deux personnes à charge de moins de 18 ans et sa mobilité professionnelle a un effet négatif sur son mariage et sa famille ».
Le rapport indique que les dépenses personnelles appréciables engagées soit au travail, soit à la maison pendant que le travailleur est parti sont un obstacle appréciable au travail en mobilité. Il indique également que les travailleurs mobiles ont une « très faible estime de soi et sont mécontents de leur statut social dans les communautés où ils travaillent et par rapport aux personnes faisant partie dautres professions ».
Lestime de soi des travailleurs mobiles est influencée par les attitudes des membres des communautés dans lesquelles ils travaillent : « Ils croient quils apportent les compétences et lengagement nécessaires pour bâtir linfrastructure du pays. Cependant, ils trouvent quils ne sont pas respectés par les autres gens de métier (pour lesquels le travail local est toujours préférable). Ils constatent un manque de parité avec dautres cols bleus (comme les camionneurs et les mécaniciens, auxquels le gouvernement accorde un traitement fiscal préférentiel). Et ils trouvent que les chefs de lindustrie ont tendance à les traiter comme des produits remplaçables. La plupart ne recommanderaient pas leur vie à leurs enfants. »
Le travailleur mobile est la première étude canadienne sur les raisons pour lesquelles les travailleurs se déplacent pour trouver du travail et sur les obstacles quils doivent surmonter ainsi que le cheminement de carrière des travailleurs mobiles de la construction, y compris leur passage dune province ou dun territoire à lautre et dun secteur à lautre de lindustrie. La recherche a été effectuée grâce à des sondages et à des groupes de consultation sur les lieux, et elle sinscrit dans le cadre dune série de rapports de recherche sur des questions ayant trait à loffre de main-duvre dans lindustrie canadienne de la construction.
Le projet a été financé dans le cadre du Programme des conseils sectoriels, du gouvernement du Canada.
Le CSC est un organisme indépendant sans but lucratif fondé sur un partenariat entre la main-doeuvre et le patronat qui a été créé en 2001 afin de répondre aux besoins en ressources humaines, actuels et futurs, de lindustrie canadienne de la construction.
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