Les travailleurs formés à létranger « passent entre les mailles du filet »: nouvelle étude
le 24 octobre 2005
OTTAWA Il y a peut-être un énorme bassin de main-duvre qualifiée que les entreprises de construction canadiennes narrivent pas à exploiter parce que la méthode de reconnaissance des titres de compétence des travailleurs formés à létranger est incohérente et informelle, daprès une étude publiée cet automne par le Conseil sectoriel de la construction (CSC).
Selon lÉtude sur l'évaluation et la reconnaissance des titres de compétence des travailleurs formés à l'étranger dans l'industrie de la construction, les travailleurs formés à létranger sont défavorisés à cause dobstacles linguistiques, de linsuffisance de la documentation et de leur manque de connaissances au sujet des règlements sur la santé et la sécurité, des codes du bâtiment et dautres exigences relatives au milieu de travail du Canada.
« Bon nombre de travailleurs formés à létranger passent entre les mailles du filet du point de vue de lévaluation des compétences », dit George Gritziotis, directeur exécutif du CSC, « et cela se traduit par une perte de main-duvre qualifiée en ces temps où certaines régions et certains secteurs de lindustrie en ont besoin plus que jamais. »
Létude conclut que « la procédure nest pas suivie de façon méthodique et est difficile à suivre. Les agents dapprentissage font appel à leur jugement et à leur expérience pour évaluer les travailleurs formés à létranger. Ils ne disposent daucun ouvrage de référence sur les équivalences internationales. Une foule dintervenants participent à lévaluation, les politiques sont contradictoires et il ne semble pas y avoir une forte participation de lindustrie. »
M. Gritziotis signale par exemple que « les titres de compétence dun homme de métier dAsie du Sud sont évalués de la même façon que ceux dune personne qui vient dêtre formée selon le système dapprentissage canadien. Lhomme dAsie du Sud peut être très qualifié dans son métier mais, sil maîtrise mal langlais ou na pas les documents appropriés, il est peu probable quil obtiendra lemploi.
« Cette étude accroît les connaissances quil nous faut pour aborder cette question de plus en plus importante. Vu les facteurs démographiques, les départs à la retraite et lusure normale des affectifs, nous pourrons agir pour que la source clé de main-duvre en question puisse être mieux utilisée si nous comprenons bien la façon dont les titres de compétence sont traités. »
Le CSC a fait réaliser létude pour mieux comprendre lévaluation et la reconnaissance des titres de compétence étrangers dans lindustrie de la construction, dans des métiers connexes, à létranger.
Elle a compris 65 entrevues auprès de représentants de bureaux de lapprentissage, de gouvernements, de donneurs douvrage, dentrepreneurs, dassociations dentrepreneurs, de groupes syndicaux, dorganismes de reconnaissance des titres de compétence, détablissements denseignement et dorganismes fournissant des services aux immigrants.
Le rapport recommande des moyens daméliorer la procédure afin que lindustrie puisse profiter pleinement du potentiel productif de la main-duvre et que les immigrants au Canada puissent pleinement mettre à contribution leurs compétences et leur expérience. Il prévoit lintégration des travailleurs formés à létranger grâce à un système assurant le complément de leurs compétences, de leur instruction et de leur expérience en même temps quil répond aux besoins de léconomie canadienne.
« La responsabilité de donner suite aux recommandations incombe à lindustrie employeurs et groupes syndicaux en association avec les bureaux de lapprentissage », dit M. Gritziotis, qui signale que le CSC a engagé des discussions avec les directeurs de lapprentissage et dautres intervenants clés pour niveler certains des obstacles à lintégration des travailleurs formés à létranger.
Dans le cadre de son programme dinformation sur le marché du travail, le Conseil sectoriel de la construction réalise des recherches sur des questions ayant trait à loffre de main-duvre dans lindustrie canadienne de la construction.
Des fonds ont été affectés à ce projet dans le cadre du Programme des conseils sectoriels, du gouvernement du Canada.
Le CSC est un organisme indépendant sans but lucratif fondé sur un partenariat entre les travailleurs et travailleuses et le patronat qui a été créé en 2001 afin de satisfaire aux besoins en ressources humaines actuels et futurs de lindustrie de la construction du Canada.
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